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  • Photo du rédacteurArcs 1800

Savoie : 20 ans de chantier pour restaurer le joyau du lac du Bourget


L'abbaye de Hautecombe, monument le plus visité de Savoie, a été réhabilitée. Sa toiture a été entièrement refaite, ainsi qu'une partie de la charpente. Sa façade a été nettoyée et restaurée. Un chantier qui aura duré vingt ans.

Auvergne-Rhône-Alpes

La toiture et une partie de la charpente de l'abbaye d'Hautecombe ont été refaites à neuf. Il aura fallu près de 20 ans pour mener à bien ce chantier colossal et restaurer l'une des pépites du patrimoine de la Savoie. Située au bord du lac du Bourget, l'abbaye d'Hautecombe est le monument le plus visité du département.


250 000 tuiles et ardoises posées sur 5000 mètres carré, 12 millions d'euros et près de 20 ans de travaux : c'est un chantier colossal qui vient de s'achever sur les rives du lac du Bourget. Au pied du Mont du Chat, l'abbaye d'Hautecombe brille désormais par sa toiture rutilante, entièrement refaite à neuf.


"Ces travaux ont redonné un aspect royal à l'abbaye et c'est vrai que, maintenant, quand on arrive par la route, quand on arrive par bateau, elle paraît davantage resplendissante", se réjouit le père Etienne de Beaucorps, responsable du site, classé monument historique depuis 1875.


Il y a aussi beaucoup de fierté dans les yeux de Thomas Bricheux. L'architecte du patrimoine a coordonné les travaux ces cinq dernières années, sur un chantier débuté il y a 18 ans précisément.


"C'est émouvant parce que c'est un chantier de longue haleine qui a demandé beaucoup de persévérance", dit-il.


Des bois de charpente pourris, la flèche menace de s'effondrer

La toiture, datant de 1830, s'était transformée en passoire. Il pleuvait dans l'abbaye. Au moment d'enlever les tuiles, les ouvriers ont découvert une charpente dans un état inquiétant. "Enormément de bois étaient pourris ou sous-dimensionnés", relate l'architecte.


Les difficultés s'amoncellent lorsque le chantier arrive au niveau de la flèche de l'abbaye. "On pensait qu'elle était globalement en bon état mais en retirant les ardoises, on s'est rendus compte que les bois étaient totalement pulvérulents, pourris, ils partaient en poussière. La flèche était dans un état de stabilité très précaire, prête à tomber", explique Thomas Bricheux.


"On a pris la décision de la démonter, donc le clocher est resté sans sa flèche pendant six mois. C'était assez impressionnant. Reconstruire une flèche, dans la vie d'un architecte, ça n'arrive pas souvent".


D'autant que la réfection de cette pointe dirigée vers le ciel s'est achevée il y a quelques jours seulement.


"Il y a eu des aléas de la météo, des surprises et donc c'est beaucoup d'émotion de voir qu'on est arrivés au bout, et aussi beaucoup d'admiration pour les ouvriers qui ont fait ce travail", ajoute-t-il.


Dix-huit corps de métiers ont été mobilisés ces deux dernières décennies : des maçons, des tailleurs de pierres, des couvreurs, des plombiers, des restaurateurs de décors, des campanistes pour les cloches, des menuisiers, des charpentiers, etc.


Car la façade de l'église a également été rafraîchie et complètement nettoyée. Seize statues ont été réhabilitées. Elles dataient pour certaines du 15e siècle, d’autres du début du 19e siècle. Ces figures, qui représentent les vertus de la Maison de Savoie, trônent à nouveau sur les façades Ouest et Nord de l’église.


16 statues restaurées ou reproduites à l'identique

"Les statues de la partie ouest, dans l'axe de l'entrée, étaient tellement dégradées qu'il y avait des morceaux qui tombaient. Elles avaient été toutes déposées il y a une dizaine d'années et l'abbaye se retrouvait déshabillée de ses sculptures", explique Thomas Bricheux.


"Ce qui était très technique, c'était de refaire ces statues à l'identique, des statues très bien sculptées au début du XIXe siècle par un atelier turinois. L'objectif, c'était de redonner toute l'âme qu'il y avait dans ces statues", ajoute-t-il.


L'ensemble des travaux aura coûté 12 millions d'euros, répartis entre l'Union européenne, l'Etat, la région Auvergne-Rhône-Alpes, la Fondation d'Hautecombe et le département de la Savoie qui a déboursé un tiers de la somme.


Un investissement justifié pour le président du Conseil départemental de Savoie. "C'est le monument le plus fréquenté de Savoie avec près de 80 000 visiteurs par an. C'est une architecture superbe qui surplombe le lac du Bourget, un site exceptionnel", estime Hervé Gaymard.


16 statues ont été restaurées dont huit refaites à l'identique, pour être réinstallées sur la façade de l'église de l'abbaye


"Retrouver le silence"

L'abbaye cistercienne, dont l'histoire remonte à plus de 900 ans, est aussi "la nécropole des rois de Savoie" et, par conséquent, un "joyau patrimonial", situé sur la commune de Saint-Pierre-de-Curtille.


Une partie du site est fréquentée par les touristes, une autre, dédiée à la prière est réservée à la communauté du Chemin Neuf, installée ici depuis 1992.


"Avec la fin du chantier, cette cohabitation avec les ouvriers prend fin aussi et le lieu va pouvoir retrouver un certain silence", dit le père Etienne de Beaucorps.


Un silence tout relatif car une nouvelle tranche de travaux devrait bientôt débuter.


"Il fallait sauver le bâtiment en priorisant les travaux. Notre priorité numéro 1, la toiture, a duré 20 ans. Maintenant on va pouvoir s'attaquer à la priorité numéro 2 qui est de s'assurer de la stabilité de la structure, notamment dans l'une des ailes dont les planchers présentent quelques faiblesses. Ce seront des travaux qui vont s'étaler sur cinq ans", affirme l'architecte du patrimoine.


A site d'exception, chantier d'envergure. L'abbaye d'Hautecombe n'a pas fini de se refaire une beauté.

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