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Montagne sans voiture : le grand retour du train, de jour comme de nuit, vers la Tarentaise

Photo du rédacteur: Arcs 1800
Arcs 1800
21 oct.
2 min de lecture

À l’heure où les stations alpines cherchent à verdir leur modèle touristique, le rail s'impose à nouveau comme l'alternative incontournable pour rejoindre les sommets. Entre le retour en force des trains de nuit et la densification des liaisons diurnes, la vallée de la Tarentaise redécouvre les joies de la mobilité douce.


C’est un rituel que connaissent bien les habitués des grands weekends de ski : les interminables embouteillages sur la 2x voies de la Tarentaise, pare-chocs contre pare-chocs, le samedi matin de chassé-croisé. Pourtant, une révolution silencieuse est en marche sur les rails qui longent l'Isère. Pour relier les stations mythiques de Haute-Tarentaise — de Bourg-Saint-Maurice à Tignes en passant par les Arcs —, le train s'offre une cure de jouvence et séduit un nombre croissant de vacanciers soucieux de leur bilan carbone et de leur tranquillité.


Le train de nuit : le charme retrouvé du voyage suspendu

Le grand symbole de ce renouveau, c'est bien sûr le retour en grâce des trains de nuit. Longtemps menacée d’extinction, la ligne historique Paris-Bourg-Saint-Maurice a retrouvé ses lettres de noblesse. Désormais, monter à bord de la « corail » nocturne à la gare de Lyon le vendredi soir relève presque de l'art de vivre.


Au petit matin, après une nuit bercée par le roulement des rails, le spectacle change radicalement par la fenêtre : les gratte-ciels parisiens ont cédé la place aux sommets enneigés et aux brumes matinales de la vallée. Le voyageur débarque directement à Bourg-Saint-Maurice, pied à quai, prêt à enchaîner avec un funiculaire ou une navette vers les stations d’altitude. Un gain de temps psychologique immense, qui évite la fatigue de la route et supprime le stress du stationnement en station.


Le jour, cap sur la haute vitesse et les correspondances fluides

Mais le rail ne se résume pas aux noctambules. Les liaisons de jour tirent également leur épingle du jeu, portées par les grands axes à grande vitesse. Les TGV directs (et les Eurostar en provenance de Londres ou de Bruxelles, prisés par la clientèle internationale) déversent chaque week-end de forte affluence des milliers de skieurs et randonneurs dans les gares de la vallée.


Les acteurs locaux l'ont bien compris : la réussite du « tout-train » repose sur le maillage local. Les correspondances entre les trains et les lignes de bus ou le funiculaire ont été densifiées. À Bourg-Saint-Maurice, le funiculaire des Arcs permet par exemple de basculer en sept minutes chrono de la gare ferroviaire aux pistes, bouclant la promesse d'un trajet sans voiture fluide et performant.


Vers un tourisme de montagne décarboné

Pour les collectivités et les stations de Tarentaise, engagées dans des plans de transition écologique majeurs, encourager l'accès par le train est devenu une priorité absolue. Quand on sait que le transport représente la grande majorité de l'empreinte carbone d’un séjour au ski, chaque voyageur qui délaisse sa voiture pour la voie ferrée participe directement à l'effort de préservation de l'écosystème alpin.


Le pari est donc en train d'être gagné. Entre le charme rétro-futuriste du train de nuit et l'efficacité des TGV hivernaux, la Tarentaise prouve que la montagne se mérite, mais qu'elle se savoure encore mieux sans les gaz d'échappement.

 
 
 

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