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Rapport lits froids et immobilier de loisir en montagne : un chemin de croix pour Marina Ferrari



Aides à l’ingénierie, accompagnement à la création de foncières… Le rapport de Marina Ferrari portant sur « les lits froids et la rénovation de l’immobilier de loisir en montagne » a été présenté aux élus des Alpes-de-Haute-Provence.

Lits froids, immobilier de loisir en montagne, quelles solutions pour les stations de ski ?

Marina Ferrari, conseillère municipale de la ville d'Aix-les-Bains, chargée de mission pour le ministère de la cohésion des territoires est venue, en avant-première, présenter son rapport concernant « les lits froids et la rénovation de l’immobilier de loisir en montagne ».


Disposer d’équipements performants pour réchauffer les lits froids en station de montagne, c’est le but à atteindre. Si l’objectif a été clairement identifié, le chemin pour y parvenir est loin d’être balisé. Pour dégager l’horizon et défricher le sentier à emprunter, Joël Giraud, alors secrétaire d’Etat chargé de la ruralité (nommé depuis ministre de la Cohésion des territoires), s'est rendu le vendredi 4 mars dans les Alpes-de-Haute-Provence. Dans sa besace, point d’enveloppe financière mais une étude commanditée par son ministère.


Dans la salle des fêtes de la petite commune de la Condamine-Châtelard et à côté d’une dizaine d’élus locaux, il a écouté les premiers enseignements de l’étude menée par Marina Ferrari, conseillère municipale de la ville d'Aix-les-Bains, chargée de mission pour le ministère de la Cohésion des territoires. Dans le rapport qu’elle présentera officiellement au ministère d’ici une quinzaine de jours, l’élue savoyarde remonte les propositions des acteurs de la montagne à l’Etat mais fait également part de son analyse de la situation.


Proposer un observatoire de l'immobilier de montagne

« Nous avons rencontré une quarantaine d’élus, des sociaux professionnels, des syndicats professionnels et tous demandent le soutien de l’Etat pour arriver à réchauffer les lits froids en station et booster la rénovation de l’immobilier de loisir en montagne, résume Marina Ferrari. Manque d’ingénierie, sous équipements à tous les niveaux, des services insuffisants qui ne permettent pas aux habitants de rester dans les communes de montagne et où la diversification touristique est difficile à mener. » Elle a également constaté qu'il était difficile d'obtenir un état des lieux de l'immobilier des stations et propose de créer un observatoire de l’immobilier de montagne.


Marina Ferrari ajoute : « Malgré tout, nous avons observé que les Opérations de réhabilitation de l'immobilier de loisir (ORIL) ont été bénéfiques pour le BTP et la défiscalisation a fonctionné pour les constructions neuves. Reste la problématique de la rénovation dans l’ancien. Si les touristes ne veulent plus être hébergés dans de tous petits studios, il faut néanmoins faire attention à une trop grande premium-arisation. »


Sans surprise, l'élue savoyarde annonce que la plupart des élus réclament une aide en ingénierie sur le thème de l’urbanisme en général et sur les révisions de PLU (plan local d'urbanisme) en particulier. Ils demandent également à l’Etat de soutenir l’investissement privé en proposant, par exemple, une extension du dispositif MaPrimeRénov' aux résidences secondaires. Des mesures de défiscalisation du coût des travaux de rénovation énergétique sont aussi demandées avec une obligation de location assortie. En outre, Marina Ferrari note dans son rapport une volonté de développer l’habitat permanent en zone de montagne.


Créer des foncières locales

Instituer une taxe sur les logements vacants, aider les propriétaires pour les charges de copropriété, revoir le statut de loueur occasionnel, lutter contre la vente à la découpe, création de foncières locales... L'élue égrène les propositions pour qu’enfin les villages de montagne et les stations alpines renouent avec l’attractivité.


Christian Cariou, le directeur territorial de la Banque des territoires, présent lors de l’échange, s'est engagé à les soutenir. Un discours volontariste complété par Joël Giraud qui souligne que « même en dehors du plan Avenir montagnes ingénierie, il y a des ressources », en citant notamment le Fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT).


Plusieurs projets structurants sont en passe d’émerger : une piste cyclable sur les berges du lac de Serre-Ponçon, la création du plus grand domaine skiable des Alpes-du-Sud avec l’Espace lumière, la construction d’un ascenseur valléen reliant Barcelonnette, le Sauze et le Super-Sauze, le projet de réhabilitation de Fort Tournoux et l’installation d’un téléphérique pour y accéder. Bon nombre d’entre eux sont encore en attente de financements.

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