Le changement climatique bouleverse la survenance des avalanches et éboulements
- Arcs 1800
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Avalanches, éboulements rocheux : "Il faut s'attendre à un changement de saison des risques en montagne", analyse un spécialiste
De nombreux glissements de terrains, avalanches et éboulements rocheux ont été recensés ces dernières semaines dans les Alpes. Un phénomène normal ? Pour Serge Taboulot, le président de l’Irma, le risque ne s'est pas accéléré mais arrive simplement plus tôt dans la saison.
Avalanches, éboulement rocheux… Les mouvements de terrain se multiplient dans les Alpes ces dernières semaines, mettant en danger la vie des habitants environnants. Le 20 février, le hameau du Rivier d’Allemont (Isère) s’est retrouvé isolé après une avalanche. Bloqués par des routes enneigées, des habitants ont dû être évacués de la zone.
Plusieurs phénomènes en quelques semaines
Cet événement n’est pas un cas isolé. Quelques jours plus tôt, trois skieurs sont décédés dans une avalanche à Courmayeur, dans les Alpes italiennes. Au total, 29 personnes ont perdu la vie dans des avalanches en France depuis le début de la saison.
“On est de plus en plus confrontés à des mouvements naturels. Là, ce sont les avalanches. À d’autres moments, on a des pluies diluviennes qui érodent et déciment ces falaises, posant un problème aux habitants de ces massifs dans la vie de tous les jours”, explique Bernard Perazio, vice-président du conseil départemental de l’Isère.
Dernièrement, la route départementale D1091, reliant Grenoble à Briançon par le col du Lautaret, a dû être fermée après la chute de plusieurs blocs rocheux sur la route.
"La neige est tombée plus tôt avec une certaine douceur"
Premièrement, “on a eu une période quasi-ininterrompue de pluies très abondantes avec de la neige entre un et deux mètres en une dizaine de jours au-dessus de 1 500 mètres”, analyse Serge Taboulot, président de l’Institut des risques majeurs (Irma) de Grenoble.
“Et il faut aussi dire que cette neige est tombée plutôt avec une certaine douceur, donc c’était de la pluie en dessous”, ajoute le spécialiste. De fait, le gel n’a pas pu s’installer sur les massifs montagneux. Or, “il représente l’ensemble de ce qui tient habituellement les massifs en hiver”.
Au Rivier d’Allemont, l’avalanche était gorgée d’eau. De fait, son déclenchement et son itinéraire étaient imprévisibles.
"Les risques changent de saison"
Dans les années à venir, il faudra s’attendre “à un changement de saison de ces risques classiques de montagne”, souligne Serge Taboulot. “Ça ne vous a pas échappé en regardant dehors, le printemps est déjà là. Il vient beaucoup plus vite et les risques changent de saison. Ils apparaissent, avec ces avalanches, en plein cœur d'hiver alors que l’on n'y était pas habitué”, complète le spécialiste.
Ce dernier tient toutefois à clarifier deux choses : “Ces périodes d’événements gravitaires sont classiques dans les Alpes”. De plus, il n’y a pas d’accélération du risque d’avalanche. "Il est globalement stable, voire en légère baisse”, détaille le spécialiste.






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