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  • Photo du rédacteurArcs 1800

La vérité sur les "stations" de ski fantômes


« 150 stations » de ski ont fermé ces dernières décennies en France. Peut-être davantage. Des stations fantômes aux quatre coins de nos massifs. Mais de quoi s’agit-il exactement ?


A l’occasion d’une récente étude soulignant les difficultés à venir pour nombre de stations, plusieurs grands médias ont introduit leur propos en rappelant que déjà « 150 stations de ski » avaient fermé leurs portes ces dernières décennies en France. Certains ne manquaient pas de faire un lien direct entre le « manque de neige », le « réchauffement climatique » et ces fermetures.


Si la baisse de l’enneigement, imputable au réchauffement climatique, est sans aucun doute un péril pour nombre de stations actuelles, l’histoire de ces « 150 stations » est un peu plus compliquée. Souvent qualifiée de « stations fantômes », elles méritent qu’on s’attarde un peu sur leur sort. Explications.


Des stades de neige ou des micro-stations

Quand on entend « station de ski », on pense à ce qui fait l’essentiel de la renommée de la France en tant que nation de ski. Des domaines importants dans les Alpes, les Pyrénées, qui attirent des vacanciers de toute la France, parfois du monde entier. La plupart des « 150 stations » fermées ces dernières décennies dans l’Hexagone n’ont rien à voir. La majorité d’entre elles ne comptaient qu’une seule remontée mécanique, parfois deux. Bien souvent un téléski construit sur une pente à l’arrière du village et destiné aux habitants.


D’après la mine d’informations du site Stations fantômes signé Vincent Simon, qui recense tous ces lieux , seulement 20% de ces micro-stations à un seul téléski ont fermé pour un seul problème d’enneigement. Une trop faible fréquentation, une règlementation trop contraignante, un accident ou le départ en retraite du propriétaire pouvaient tout aussi bien expliquer la fermeture définitive. Parfois, il s’agit de l’équipement d’un centre de vacances comme à Rioclar ou au Pailly. Un téléski installé opportunément à côté du bâtiment, comme une piscine ou un terrain de tennis. Bien souvent, quand le centre a fermé, le téléski a fermé avec. Quant aux stations les plus importantes, comme celle du Col de l’Arzelier (Isère), elles n’offraient guère que quelques kilomètres de pistes.


Des stations fantômes ?

La terminologie « station fantôme » revient souvent dans les médias. Avec quasi-exclusivement les images d’une seule et même station. Saint Honoré 1500, un projet immobilier d’ampleur. Arrêté en plein essor par le scandale d’un promoteur peu scrupuleux accusé du détournement de plusieurs millions d’euros. Plus personne ne veut de ces bâtiments aux travaux non terminés qui s’abiment pendant des années. Jusqu’à ce que l’exploitant du domaine skiable cesse de faire fonctionner les remontées qui desservaient ces nouveaux bâtiments jamais terminés. L’enneigement aléatoire a certes contribué aux difficultés de reprise des constructions, et à l’enthousiasme de l’opérateur du domaine à exploiter ce secteur, mais l’histoire est donc plus compliquée. Mais comme c’est le seul endroit à la physionomie d’une « vraie » station de ski qui est à l’abandon, toutes les images de « stations fantômes » sont généralement tournées ici. Ailleurs ces « stations » sont invisibles. Car la très grande majorité des installations hors d’usage, notamment dans les micro-stations, ont depuis longtemps été démontées. Il reste quelques téléskis par-ci, quelques pylônes par-là mais pas de quoi illustrer une « station fantôme ».


Domaines Skiables de France a d’ailleurs entrepris depuis quelques années le démontage régulier de ces installations abandonnées. Comme en juin dernier dans les Alpes Maritimes. L’enneigement moyen de ces dernières décennies a largement diminué et tout porte à croire que la tendance n’est pas près de s’inverser. Le réchauffement climatique va à moyen terme mettre en péril nombre de stations. Rejoindront-elles prochainement ces « stations fantômes » ? Ou les solutions palliatives au manque de neige, les reconversions vers de nouvelles activités, les projets de transformation divers et variés les sauveront-elles ? A suivre…

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