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L’avenir du lac du Bourget en question



En 2020, Grand Lac, la Direction départementale des territoires de la Savoie et le Cisalb ont lancé une étude de prospective sur le devenir du lac du Bourget à horizon 2030. Cette large concertation a permis de déterminer cinq grands enjeux prioritaires.

Plus de 2 500 personnes ont participé à l’enquête mise en ligne à l’été 2020.


Comment évoluera le lac du Bourget dans le futur ?

C’est la question que se sont posée l’agglomération de Grand Lac, la Direction départementale des territoires de la Savoie et le Cisalb. Ces dernières années, des aménagements ont permis de valoriser les berges du lac et de faciliter leur réappropriation par le grand public avec notamment la base de loisirs des Mottets (Viviers-du-Lac) ou la promenade du lac. Cette attractivité qui se trouve renforcée peut néanmoins menacer le fragile équilibre entre préservation de la biodiversité et développement des activités.

De plus, la gestion du lac du Bourget relève de l’État et était jusqu’à présent basée sur « un schéma de cohérence datant des années 1990, trop vieillissant, car depuis 30 ans, les usages ont beaucoup évolué. Nous sommes de plus en plus sollicités pour des projets, que ce soit un hôtel-restaurant flottant, ou une base de jet ski… Il fallait un document pour savoir quelle réponse leur apporter », argumente Sébastien Cachera, responsable gestion des milieux aquatiques au Cisalb.

Récemment encore, la question avait de nouveau été soulevée avec le projet avorté de vague de surf, qui avait connu une très vive mobilisation.


Priorité à la préservation

Cette étude, à laquelle ont participé les élus du territoire, les techniciens, les professionnels et le grand public, a permis de dégager un point commun : il faut préserver les paysages et le cadre de vie à tout prix.

Celle-ci a fait également ressortir des problématiques, pouvant potentiellement devenir des menaces à la préservation de ce patrimoine, telles que « la pollution accidentelle, le bruit lié au trafic routier, lacustre et aérien, la sur fréquentation aux abords du lac en période estivale ou les conflits d’usage », précise-t-il.


Les 4 autres enjeux

L’étude a également soulevé quatre autres enjeux. En deuxième position arrive le fait de garantir les services rendus par le lac. Pour Marie-Claire Barbier, vice-présidente Grand Lac et présidente du Cisalb, « chacun est conscient des services que rend le lac. C’est une ressource piscicole et en eau potable importante, et c’est aussi un lieu de baignade et de rafraîchissement : c’est un peu notre poumon ! ». Le troisième enjeu est de maîtriser la fréquentation sur le lac et le canal de Savières.


« Les pratiques ont évolué avec l’apparition de nouveaux équipements, tout l’enjeu est encore de trouver le bon équilibre », complète Sébastien Cachera. Améliorer la qualité d’accès au lac et l’accueil du public est également un point qui est ressorti de l’étude. « Il faut que les services aux abords du lac restent de qualité, comme l’entretien des plages ou des poubelles public ». Enfin, le dernier enjeu concerne l’amélioration de la mobilité saisonnière autour du lac.


Une large concertation

L’étude lancée début 2020 par Grand Lac et confiée au Cisalb et à l’agence Agate a fait la part belle à la concertation : entretiens individuels avec les 13 maires des communes riveraines du lac et du canal de Savières, ateliers collectifs ayant réuni une soixantaine de participants (élus, techniciens, association de protection de la nature, clubs sportifs…), une consultation grand public en ligne ayant recueilli plus de 2 500 contributions et une consultation sur la fréquentation du lac ayant recueilli l’avis de 750 usagers.


Dans le cadre de la concertation, des ateliers collectifs ont été organisés notamment avec des associations locales.


Guy Réant est président du Club des plaisanciers d’Aix-les-Bains.

Le Club des plaisanciers d’Aix-les-Bains, représentant 320 adhérents, a pu y participer afin de donner son avis. « En tant que propriétaire de bateaux, nous avons fait des observations sur tout ce qui se passe sur le lac du Bourget », explique Guy Réant, le président du club.

À son échelle, celui-ci a pu observer une augmentation de la fréquentation du lac en période estivale, et a vu le phénomène s’accentuer avec les deux années de crise sanitaire. Autre point soulevé, « l’apparition de nouveaux équipements : planches et bateaux électriques, stand up paddle à pédales… », qui font naître des conflits d’usage entre pêcheurs, avirons et plaisanciers.

« La cohabitation sur le lac est parfois anarchique. Nous travaillons déjà avec Grand Lac et la Direction départementale des territoires de la Savoie pour informer l’ensemble des usagers afin d’éviter les problèmes », indique Guy Réant. « À titre d’exemple, des personnes nagent sur le lac en dehors des bandes de rive sans bouée orange, ce qui peut être dangereux quand on navigue en bateau. On ne peut pas aller contre le développement touristique mais il faut qu’il y ait certaines règles », en conclut-il.

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