top of page
  • Photo du rédacteurArcs 1800

JO d'hiver 2030 : ils seront durables grâce aux investissements verts des acteurs de la montagne


Panneaux solaires et dameuses à hydrogène, les JO d'hiver dans les Alpes peuvent-ils être "durables" ?


La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur s'apprête à déposer une candidature commune avec la région Auvergne-Rhône-Alpes à l'organisation des Jeux Olympiques d'Hiver, en 2030. Renaud Muselier souhaite des "Jeux durables", impossible répond le collectif "No JO".


Les Jeux Olympiques de Paris n'ont même pas commencé qu'une nouvelle édition hivernale pourrait voir le jour dans le quart sud-est du pays en 2030. Renaud Muselier a confirmé dans une interview accordée à La Provence que la candidature commune des régions Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes aux Jeux Olympiques d'Hiver 2030 sera déposée le 7 novembre. Le Comité International Olympique (CIO) tranchera ensuite le 9 décembre.


Seul le dossier de Stockholm devrait faire figure de concurrent. En cas de succès, il s'agirait des premiers JO d'hiver organisés en France depuis Albertville en 1992, et la quatrième olympiade sur neige organisée dans l'hexagone.


Ces Jeux Olympiques sont supposés être les premiers au "bilan carbone négatif" selon une annonce du CIO en mars 2020. Renaud Muselier confirme cette intention, en évoquant des "Jeux durables" dans les colonnes de La Provence. Mais tout le monde n'est pas prêt à croire cet engagement sur parole.


Renaud Muselier confiant

L'ancien skieur professionnel Stéphane Passeron est aujourd'hui engagé pour le collectif "NO JO.". À ses yeux, Jeux Olympiques et faible impact écologique ne peuvent se conjuguer : "Cet engagement vaut autant que les accords de Paris pour limiter le réchauffement climatique à 1.5 degrés, sachant que ce stade a déjà été dépassé", conteste-t-il, en se basant sur les températures enregistrées en juin, juillet et août 2023, à 1,6 degrés de réchauffement mondial en moyenne.


Dans le détail, le président de la région Provence Alpes Côte-d'Azur a révélé de premières pistes à ses "Jeux durables" : "Cela veut dire que comme à Serre-Chevalier on peut mettre du photovoltaïque, mettre des dameuses à l'hydrogène... détaille l'élu. Il y a un mode de fonctionnement qui n'a plus rien à voir à développer. Le CIO sera d'ailleurs très attentif à cela."


De la neige de culture

Là encore, Stéphane Passeron n'y voit que de la poudreuse aux yeux : "Même en mettant des panneaux solaires, la neutralité carbone ne peut pas exister, estime l'ancien skieur. Même en fabriquant de la neige de culture : à zéro degré elle va fondre quoi qu'il arrive ! On l'obtient en pompant de l'eau, mais on en manque cruellement aussi, ces projets sont schizophrènes."


La neige de culture, ou neige artificielle, nécessite de l'énergie et d'importantes quantités d'eau à sa production, alors que la situation des nappes phréatiques dans les deux régions concernées par la candidature aux Jeux Olympiques est surveillée de près.


"Nos stations de ski vont mourir" prétendent les écolos

Pour parvenir à limiter son impact environnemental, cette édition des Jeux Olympiques 2030 souhaite s'établir sur l'ensemble des structures sportives déjà existantes dans les stations alpines françaises. Le Comité International Olympique n'a en revanche pas précisé si le transport des athlètes et spectateurs du monde entier serait intégré au calcul du bilan carbone de ces J.O. À titre de comparaison, 10 millions de personnes sont attendues dans la capitale à l'occasion des Jeux de Paris en 2024.


Malgré les alternatives envisagées, les stations de ski pourraient être les premières victimes du réchauffement climatique. S'il atteint quatre degrés, 93% des stations de ski en France seraient menacées d'un "risque très élevé" de pénurie en neige selon une étude des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et de Météo-France publiée en août 2023.


Le collectif "No J.O" en est convaincu : "Nos stations de ski vont mourir, alerte Stéphane Passeron. Il est temps d'avoir du courage et de passer à autre chose. Ça me fait mal de le dire en tant qu'ancien skieur, mais les Jeux Olympiques d'hiver ne sont pas indispensables."

207 vues0 commentaire

Comentarios


bottom of page