Flocon vert, le passeport écologique des stations progresse encore
- Arcs 1800
- il y a 2 jours
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Les 20 et 21 janvier 2026, se tenait à Alpexpo à Grenoble, le salon Destination montagne, le rendez-vous professionnel des acteurs du tourisme de montagne.
A cette occasion, l'association Mountain riders, fondée en 2001 à Chambéry et qui a pour vocation d'éduquer à la transition écologique en montagne, a décerné ses labels Flocons verts, censés récompenser les stations les plus vertueuses. On en compte 31 en France actuellement.
Flocons verts : les quatre piliers des stations de ski écoresponsables
Coline Dournes, responsable Flocons verts chez Mountain riders, explique : "On labellise les territoires engagés dans une démarche de transition. On travaille avec les communes, leurs offices de tourisme, et leur domaine skiable. Avec une approche globale, on embarque au-delà de la seule station, l'ensemble de la destination touristique."
La labélisation s'appuie sur un cahier des charges articulé autour de quatre thématiques : l'économie durable, les dynamiques sociales et culturelles à l'année, la gestion des ressources, et la gouvernance du territoire. "On ne regarde pas que les critères écologiques. On est intéressé aussi à comprendre comment les décisions sont prises : est-ce un seul décideur ou y-a-t-il de la participation citoyenne ? On les interroge aussi sur le niveau de conscience des risques à venir et sur ce qui est fait pour les anticiper."
Flocons verts : le palmarès 2026
A l'heure actuelle, 31 stations sont labelisées en France. La promotion 2026 a vu six stations récompensées, dont deux nouvelles et quatre qui ont été renouvelées, puisque le label est valable trois ans.
Chamrousse : renouvellement - un Flocon niveau territoire engagé.
Val-Cenis : renouvellement - deux Flocons niveau vers l'exemplarité.
Les Angles : renouvellement - un Flocon niveau territoire engagé.
Le Grand-Bornand : renouvellement - deux Flocons niveau vers l'exemplarité.
Réallon : nouveau labelisé.
Val-d'Allos : nouveau labelisé.
Chamrousse a renouvelé son label sans décrocher le deuxième niveau visé
Si le label fait à la fois figure de récompense pour les stations et de certification de la démarche engagée envers les touristes sur place, le travail de Mountain Riders ne se limite pas à ça. Toute l'année, les membres proposent des projets et des outils, pour travailler avec tous les acteurs de la montagne : communes, exploitants de remontées mécaniques, pratiquants…
Cluster montagne : " Envisager la montagne comme une destination, et plus comme une station"
La présentation devant la commission de labélisation n'arrive d'ailleurs généralement qu'après un an et demi d'accompagnement par l'association. Et parce qu'elle ponctue la dynamique de l'ensemble du territoire, elle peut s'avérer bloquante pour certains domaines, comme Chamrousse, qui a renouvelé son label cette année, mais qui n'a pas atteint le deuxième niveau visé.
"Certains critères n'ont pas suivi, comme la mobilité. On accèdera difficilement au deuxième flocon, d'autant qu'on n'a pas, en tant que station, les leviers pour agir là-dessus, explique Christopher Hardi, directeur de l'office de tourisme de Chamrousse. Mais je retiens qu'on a été félicité pour notre évolution sur tous les critères qu'on maitrise."
L'écotourisme anecdotique en montagne ?
Si la démarche est de long cours, et l'engagement total pour l'ensemble des acteurs, il semble que le retour en termes de fréquentation ne soit pas au rendez-vous. Les touristes apprécient d'être dans une station vertueuse, mais l'argument n'a pas encore le poids nécessaire pour être le facteur déclencheur des réservations.
"On n'a pas encore de green-destination à Chamrousse. Mais le sujet est vital. On doit faire de la pédagogie, de la sensibilisation. On ne fait pas ça pour être prêt pour l'écotourisme. On ne fait même pas ça pour le label, mais pour la démarche."
Coline Dournes confirme : "Aujourd'hui, ce n'est pas sur la hausse de fréquentation qu'on sert. Les territoires viennent plus nous voir pour l'outil. Mais on observe des changements dans les comportements, même si c'est lent. Depuis deux ans, on a aussi accéléré la communication. Le Flocon vert commence à se retrouver en filtre sur les sites de réservation, c'est bon signe !"
Flocons verts : seules deux stations de montagne labélisées en Isère
Les territoires de montagne engagés sont aussi inégalement répartis sur le territoire. Sur la trentaine de stations labélisées, on n'en compte qu'une dans le massif du Jura, cinq dans les Alpes du Sud, trois dans les Pyrénées, et 22 dans les Alpes du Nord. Et parmi ces 22, deux seulement sont situées en Isère, contre sept en Haute-Savoie et 13 en Savoie.






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