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Cagnotte pour sauver le domaine skiable du Roc d'Enfer : acte citoyen ou acharnement ?

  • Photo du rédacteur: Arcs 1800
    Arcs 1800
  • 16 mars
  • 3 min de lecture

“La disparition du domaine serait un coup dur pour tout un territoire ” : une cagnotte en ligne pour sauver une station de ski en Haute-Savoie

En redressement judicaire, la station de ski du Roc d'Enfer ouvre une cagnotte


Situé en Haute-Savoie, le domaine skiable du Roc d’Enfer est en redressement judiciaire depuis le 27 janvier dernier. Face à des pertes accumulées trop importantes, notamment liées à la crise sanitaire, la station se tourne vers le financement participatif.


“Le capital social de la société a été dégradé”, regrette William Chalençon, à la fois président de la station du Roc d’Enfer et maire (divers) de Saint-Jean-d'Aulps. Et pour cause : durant la crise sanitaire, le domaine skiable a été “amputé” d’une fin de saison, puis d’une saison entière.


“C’est un manque à gagner colossal pour une structure dont l’équilibre repose sur quelques mois d’activité intense, indique la station de ski dans un communiqué. Les dettes contractées pour survivre aux saisons blanches et aux hivers déficitaires pèsent lourdement.”


En février 2025, la société située en Haute-Savoie s’engage dans une procédure de sauvegarde, avant d’être placée en redressement judiciaire le 27 janvier dernier. Elle dispose de six mois, à compter de cette date, pour remonter son capital. Parmi les dispositifs adoptés : une cagnotte, mise en ligne ce vendredi 6 mars, ouverte jusqu’à la fin du mois. Les donateurs peuvent y contribuer via un don unique ou via des dons mensuels.


“C’est soutenir une économie locale”

En 5 jours, près de 300 contributions ont été enregistrées, soit une somme de plus de 20 000 euros. Pour le président du domaine skiable, c’était aussi un test : “L’idée nous est venue de trouver des fonds participatifs auprès de nos clients et de voir si les gens étaient toujours intéressés par cette station, relate William Chalençon. On voit que c’est le cas.”


Pour cette commune de la vallée d’Aulps, le Roc d’Enfer est un pilier économique : “La disparition du domaine ne serait pas seulement la fin d’une station. Ce serait un coup dur pour tout un territoire : 70 emplois directs et plus de 200 emplois indirects”. Des commerces locaux, aux artisans, en passant par les écoles de ski, c’est “tout un écosystème qui serait menacé”.


L’objectif pour la station est de “recapitaliser à 1,5 million” d’euros. Le président de la station se veut optimiste : “Il y a des gens qui ne sont pas de la vallée, d’autres qui ne viennent même pas en vacances ici, qui nous soutiennent. En quelque sorte, c’est soutenir une économie locale”.


Le caractère “à taille humaine” mis en avant

Le Roc d’Enfer revendique son caractère à taille humaine. “Beaucoup de gens en ont marre des grosses stations, et retournent vers les petites”, observe William Chalençon. Dans son communiqué, la station abonde en ce sens : elle a été créée avec une “vision familiale et locale”, privilégiant la “qualité de l’accueil”.


Sur le site de la cagnotte, les commentaires de donateurs s'accumulent : “J’ai appris à skier dans cette station, un lieu chargé de mes souvenirs d’enfance”, écrit lombardnicolas94. “Nous nous y rendons depuis 30 ans, confie gemisom37, j'espère y emmener mes petites-filles !”.


Dans son communiqué, la station révèle trois axes prioritaires qui seront financés à l’aide des fonds participatifs : le développement du tourisme 4 saisons, la modernisation des remontées mécaniques, et enfin, l’investissement dans des équipements plus sobres dans un souci de transition écologique.


Le domaine skiable du Roc d'Enfer, une station à taille humaine.

Le domaine skiable du Roc d'Enfer, une station à taille humaine. • © Benjamin Métral / France 3 Alpes

Une pente rude à remonter

Le domaine skiable du Roc d’Enfer est une société d’économie mixte. “Elle est détenue à 85 % par la Mairie de Saint-Jean d’Aulps, et le reste, par des actionnaires privés, dont certaines stations des Portes du Soleil qui sont capitales et des entreprises privées”, indique William Chalençon.


Aujourd’hui, la dette de la société s’élève à 3 millions d’euros. Le 15 juillet dernier, la municipalité avait voté la souscription d’un prêt bancaire pour renflouer les caisses de la station. Contesté par l’Etat, le plan est abandonné.


Mais avec la cagnotte comme alternative pour se relancer, le maire se veut confiant. “Aujourd'hui, la fréquentation est en hausse, établit-il. Cette année, la fréquentation a augmenté de 30 % par rapport à l’année précédente, notre meilleure année.”


*Dans le cadre des élections municipales 2026 à Saint-Jean-d'Aulps, le maire sortant William Chalençon brigue un deuxième mandat, à la tête de la liste "Une équipe, un village, un avenir". Il sera opposé à Sophie Cottet, à la tête de la liste "Sauvons St Jean d'Aulps 2026".

 
 
 

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