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Vacances au ski : 8% des français, revenu moyen 3850€ par foyer


Les vacances au ski, une destination pour moins de 1 Français sur 10

Depuis plusieurs jours, les stations de ski se réjouissent d’un net regain de réservations pour les vacances d’hiver qui ont débuté samedi 5 février pour la zone B. Elles prévoient un taux d’occupation de 82 %, à comparer aux 79,5 % pour les mêmes vacances avant la crise du Covid. Les arrivées pour la dernière semaine des vacances (du 26 février au 5 mars), qui concerne notamment la région parisienne, devraient même augmenter de 36 % par rapport à la saison 2019-2020.


Les images de pistes couvertes de skieurs et de files d’attente aux remontées mécaniques ne doivent cependant pas faire croire que toute la France s’est déplacée à la montagne. Tout d’abord, en moyenne et hors crise sanitaire, un quart des arrivants sont d’origine étrangère, britannique en tête.


8 % des Français seulement

Quant à la clientèle hexagonale, plusieurs études révèlent qu’elles concernent en réalité… moins de 1 Français sur 10. « En 2019, seuls 8 % des Français de 15 ans et plus sont partis à la montagne en hiver pour des séjours de quatre nuits ou plus en hébergement payant », explique Guy Raffour, spécialiste du tourisme et responsable chaque année du Baromètre Raffour interactif, qui précise qu’une minorité de Français part à la neige pour des longs séjours en hébergement gratuit.


En 2010, une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) montrait déjà que « seule une minorité (10 %) part en vacances systématiquement tous les ans en hiver, 7 % partent une année sur deux et 18 % de façon beaucoup plus épisodique ». En outre, seuls 44 % de ces vacanciers d’hiver partent à la montagne, une proportion qui monte cependant à 62 % pour les congés de février.


3 847 € de revenus par foyer

« Il n’y a pas vraiment de raison pour que le séjour au ski se soit démocratisé depuis, les prix n’ayant pas baissé », note Sandra Hoibian, directrice du pôle société au Credoc et responsable de l’étude. Selon le baromètre des activités sportives que réalise le Credoc pour l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire et le ministère des sports, seuls 8 % des Français déclaraient, en 2018, avoir pratiqué des sports d’hiver ou de montagne au cours des douze mois précédents. Ces résultats tranchent cependant avec un sondage Ipsos de 2021 qui indique que 1 Français sur 5 est un « skieur régulier (chaque hiver, une à plusieurs fois) ».


Le portrait-robot du skieur français moyen montre que ces vacances concernent des foyers aux revenus plus élevés que d’autres. « Le revenu moyen net mensuel des foyers qui partent en vacances d’hiver à la montagne s’élève à 3 847 €, précise Guy Raffour. Les seules vacances pratiquées par des foyers aux revenus plus élevés sont les départs en croisière. » En 2010, le Credoc pointait la surreprésentation des cadres et diplômés du supérieur.


Un forfait journalier moyen de 40 €

D’après Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, une semaine au ski coûte environ entre 900 et 1 000 € par personne tout compris dans les grandes stations, et autour de 600 € dans les stations plus modestes. Le prix moyen du forfait journalier serait d’une quarantaine d’euros. Les responsables de l’industrie du ski rappellent, eux, que le forfait en France serait le moins cher du monde.


Si l’on considère l’âge moyen des vacanciers d’hiver à la montagne, il est de 46 ans d’après Raffour Interactif. Selon des acteurs de l’industrie du sport d’hiver, l’un des défis des stations est d’ailleurs le renouvellement des générations.

On le voit : la ruée vers l’or blanc ne concerne qu’une petite partie des Français. L’occasion aussi de rappeler que 40 % des Français ne partent pas du tout en vacances, selon l’étude de Guy Raffour. La moitié de ces derniers l’expliquent par des raisons financières. Et si l’on considère uniquement les séjours payants d’au moins quatre nuits, on voit que 69 % des Français de foyers CSP + partent, contre 40 % pour les employés, ouvriers ou professions intermédiaires et même 38 % des commerçants, artisans et agriculteurs.

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