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Suisse : Le Magic Pass et son offre de ski à bas coût cartonne cette saison



Le beau pied de nez du Magic Pass à ses détracteurs : L’abonnement commun à 40 destinations se paie le luxe de résister à la crise alors qu’à son lancement beaucoup lui prédisaient l’enfer.


«Une attitude irresponsable.» Voilà ce que disaient les patrons de grandes sociétés de remontées mécaniques valaisannes lorsque les premières offres de ski à bas prix émergeaient. La crispation avait atteint son paroxysme avec le lancement du Magic Pass en 2017. Le conseiller aux États valaisan Beat Rieder allait jusqu’à juger que «casser les prix allait accélérer la disparition des stations». «La magie, on sait ce qu’il en reste une fois que le tour est fini: une illusion ou une arnaque», me glissait même un de ces barons du ski à l’époque.


Quatre ans et une pandémie plus tard, le Magic Pass n’en finit pas de surfer sur les succès. Dans un secteur où la perte de chiffre d’affaires va atteindre jusqu’à 30%, les stations de l’abonnement communautaire s’en sortent avec une baisse de 7%, à mettre en relation avec une saison passée exceptionnelle. Et cela sans les remontées mécaniques de Crans-Montana, qui ont choisi de faire cavalier seul l’an dernier.


«Ces offres ont accéléré une réflexion sur le prix, sur le tourisme et sur les habitudes de consommation.»


Les dirigeants de ces dernières ont beau dire qu’ils persisteront dans leur voie, ils ont fait ce que tous les autres se sont mis à faire dans le sillage du Magic Pass: proposer des offres à prix modérés ou réduits. Et les discours d’hier se sont vite envolés. Dans les faits, ces offres ont accéléré une réflexion sur le prix, sur le tourisme et sur les habitudes de consommation. Et aucune station n’a disparu, loin de là.


Mais la force du Magic Pass, bien plus que d’être parvenu à rendre le ski accessible (ou de le proposer enfin à son juste prix) et à remettre des gens sur les spatules, c’est d’être parvenu à fédérer 40 destinations dans un milieu où la guerre de clocher fait rage depuis que les téléskis existent. C’est aussi, et ce n’est pas rien de le dire en ces temps de pandémie, d’avoir placé le principe de solidarité au cœur du projet.


De son côté, Crans-Montana soutient que c’est «justement cet aspect excessivement mutualiste qui nous déplaisait». Pourtant, l’abonnement semble tirer tout le monde vers le haut depuis quatre ans. On peine à suivre. À moins que ce ne soit le reflet persistant d’une station qui s’est surtout illustrée depuis trois ans par du chantage, des menaces et des guerres d’ego.


La solidarité, ça marche

Dans leur dernier communiqué, les remontées mécaniques suisses disent déjà qu’il faudra compter sur le soutien du secteur public pour éviter des dommages systémiques au tourisme. Comme face aux enjeux du réchauffement climatique, voici le retour du syndrome de l’autruche: si ça ne marche pas, les contribuables n’ont qu’à passer à la caisse et tant pis pour la réflexion de fond.


Et s’il fallait plutôt se serrer les coudes? Car si le Magic Pass a pu montrer sa résistance à une des pires crises de notre histoire, ce n’est ni grâce à de la magie ni à une illusion ou à une arnaque mais par des faits simples: un pour tous, tous pour un. Tiens, ce n’est pas justement la devise d’un petit pays des Alpes?

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