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Rapport international 2021 sur le tourisme de neige & de montagne



Comme chaque année, Laurent Vanat, l’expert suisse du ski et du tourisme, a rendu son rapport international annuel 2021 sur le tourisme de neige & de montagne qui porte sur la dernière saison complète, à savoir l’hiver 2019/2020, la première impactée par la crise du Covid-19.


Sans surprise, cette saison d’hiver affiche une baisse quasi historique de -18% de fréquentation, ce qui est un avant-goût de la saison 20-21 qui, rien qu’avec les fermetures des domaines français, allemands et italiens, sera amputée de 70 000 000 de journées skieurs, le mètre-étalon de ce comparatif. En France, l’impact pour 19/20 est mesuré à -15%, ce qui a fait basculer notre pays au troisième rang mondial, derrière les USA et l’Autriche, dans la logique de la tendance de ces dernières années. L’expert précise qu’en France, la sortie permanente de lits touristiques issus du Plan Neige ne répondant plus aux besoins d’aujourd’hui (trop petits, trop vieillots, etc), nuit à la commercialisation des séjours alors que l’Autriche peut s’appuyer sur un énorme réseau d’hôtels bien entretenus et accueillants, une problématique systémique qu’il ne sera pas simple à faire évoluer, les « petits propriétaires » restant encore chez eux !


Cette fin de modèle économique (des immeubles payés par une multitude de propriétaires) contre celle des résidences de tourisme (un propriétaire achète tout -ou partie- d’un appartement qu’il peut occuper quelques semaines -en fonction- mais le laisse en gestion le reste du temps comme s’il s’agissait d’une suite d’hôtel), demeure l’un des deux énormes chantiers du ski français. Le second, tout aussi essentiel, est d’attirer les futurs clients. Comment amener les enfants au ski alors que les colonies et autres centres de vacances ferment les uns après les autres, et que les scolaires ont délaissé les stations à cause de la judiciarisation toujours plus élevée du moindre incident, phénomène sociétal que l’on subit, toutes activités confondues. Autant dire le monde du ski français n’a pas les leviers sur son cockpit… Reste alors ce que propose Laurent Vanat : aller chercher les skieurs en ville avec des solutions indoor comme les tapis, qui commencent à fleurir peu à peu (même en station !), une piste probablement à explorer davantage à l’avenir. Certaines stations débutent même des partenariats avec ces structures implantés dans des grands bassins de population, preuve de la nécessité pour le ski de générer une relève portée actuellement uniquement par les parents, seuls pourvoyeurs de chair fraîche sur les skis. Au-delà de l’épisode Covid-19 qui assassine les chiffres actuels, la tendance demeure claire : il y a une vraie résilience du ski en France mais l’effritement même léger, reste notable, du moins tendanciel et donc, tout aussi inquiétant qu’une tumeur prenant de l’ampleur sans que la personne ne s’en rende compte.


Autre point saillant de l’intervention de Laurent Vanat, une étude suisse sur l’évolution des températures des stations alpines sur 50 ans (sur les 3 mois d’hiver, c’est-à-dire de décembre à février), qui démontre que la hausse reste complètement anecdotique, la courbe partant à -0,4° en 1971/72 pour atterrir à +0,4° en 2020/21. En fait, le réchauffement climatique se fait surtout terriblement sentir en été en montagne, moment où les glaciers souffrent énormément (on peut aussi rajouter qu’il neige moins qu’avant en hiver de manière là aussi statistique…). Il n’empêche que les pourfendeurs du ski en seront pour leurs incantations : oui, on va bien continuer à skier après 2050, que cela plaise ou non ! « Les chiffres sont têtus », comme aime à le dire le spécialiste suisse sur d’autres thématiques.


À noter également, la validation des formules de forfaits saison multi-stations (inventés aux USA) et de la tarification dynamique (comme pour les billets d’avion ou les hôtels par exemple), peu encore répandue en France mais testée par Val Cenis. Car pour ce qui est de l’offre quatre saisons rêvée pour les stations, deux problèmes majeurs subsistent : 1-Comment comparer Villard-de-Lans et Val Thorens et donc appliquer une même solution dans ces ceux territoires si différents ? 2-S’il reste assez simple d’éparpiller 20 000 personnes sur un domaine skiable, c’est un peu plus compliqué dans une piscine municipale comme l’a dit malicieusement Laurent Vanat. En d’autres termes, il s’agit pour les stations en été de démultiplier les offres d’animations par rapport à l’hiver alors que la station n’est que partiellement remplie. Pas si simple. À coup sûr pas simpliste en tout cas.

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