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Pratique du ski de randonnée : « Sauvage, libre, grande, pentue, vierge, dangereuse… »



Les pratiques sportives évoluent en permanence, allant de pair avec l’amélioration d’un matériel de plus en plus performant. Le ski de randonnée ne déroge pas à cette règle et les randonneurs dont les spatules pointent vers les sommets bordent désormais les pistes de ski.


ski de rando en station

En janvier, La Clusaz a organisé sur son domaine une semaine d’initiation au ski de randonnée avec, en point d’orgue, un événement fédérateur baptisé La Belle Trace. Au programme : ateliers de formation, animations le long du parcours balisé et dégustation de produits locaux !


Pendant longtemps, le ski de randonnée était une petite boîte remplie d’un vocabulaire propre à la montagne : « Sauvage, libre, grande, pentue, vierge, dangereuse… ». Depuis quelques années, l’essor de cette discipline accueille en son sein toujours plus de novices désirant s’affranchir des remontées mécaniques mais effrayés par les risques encourus en parcourant la montagne.


Se développe ainsi la pratique du ski de randonnée sur les pistes entretenues des domaines skiables. Cette activité est de plus en plus prisée par les citadins et sportifs locaux en « after work » ou par des vacanciers qui la découvrent. Tous apprécient l’effort de la montée et la glisse de la descente, tout en s’affranchissant des connaissances requises sur la nivologie et du risque d’avalanche. En quelques heures de pratique, la sortie est faite et la journée peut poursuivre son cours, remplie d’énergie et de grand air.


Cependant, cette évolution de la discipline pose quelques problèmes aux stations, à toute heure.

Aux premiers rayons du soleil, les stations sécurisent leurs domaines des risques d’avalanche lors de grosses chutes de neige. Les pisteurs secouristes s’occupent des déclenchements préventifs et du PIDA (plan d’intervention de déclenchement des avalanches) sous l’autorité du maire de la localité. Si des randonneurs pénètrent dans l’enceinte du PIDA lors d’une campagne de sécurisation des pistes, leur propre sécurité est mise en danger par le déclenchement artificiel d’une avalanche.


En pleine journée, ce sont les risques de collisions entre les randonneurs à la montée et les skieurs dévalant cette même pente à grande vitesse qui inquiètent et peuvent provoquer de graves accidents. Enfin, la nuit, le « full moon » attire les sportifs désireux de profiter de la lueur de l’astre lunaire. Au-delà du dérangement de la faune sauvage qui profite de la quiétude nocturne pour s’activer et se nourrir, le full moon est également dangereux pour les pratiquants.


Face à la recrudescence du nombre de pratiquants de ski de randonnée sur les pistes, les stations prennent des mesures pour organiser et adapter cette activité.


Afin d’empêcher leur glissement sur certaines portions du domaine skiable, quelques engins de damage sont équipés d’un treuil avec un câble très tendu (appelé winch) d’une longueur pouvant aller jusqu’à 1 km. Cet équipement est réservé aux secteurs les plus pentus et permet de stabiliser la dameuse mais également de remonter la neige qui s’est amassée en fin de journée sur le bas des pistes. Il est très difficile de distinguer ces câbles à la lueur de la lune ou d’une simple frontale, et la collision avec un skieur peut être à l’origine de graves accidents, comme celui d’une jeune skieuse en décembre 2019 sur les pistes de la station du Collet d’Allevard.


À cette accidentologie particulière s’ajoute le mécontentement des dameurs qui n’apprécient pas de voir leur travail dégradé par les skieurs nocturnes. De fait, dans certaines conditions météorologiques, les traces laissées par les skieurs sur une piste fraîchement damée peuvent se durcir et constituer un danger pour les descendeurs dévalant la pente le lendemain.

Pour remédier à ces différentes problématiques et face à la recrudescence du nombre de pratiquants de ski de randonnée sur les pistes, les stations prennent des mesures pour organiser et adapter cette activité. Ainsi, près de 30 stations en France accueillent les randonneurs sur leur domaine skiable.


Certaines stations comme La Rosière, Val Thorens, Chamonix ou Val d’Isère offrent des pistes gratuites pour différents niveaux de randonneurs ainsi que des initiations à la pratique encadrées par les moniteurs de ski. La plupart de ces aménagements sont gratuits et accessibles durant les horaires d’ouverture des stations car les descentes s’effectuent généralement sur les pistes du domaine skiable.


D’autres stations comme La Clusaz proposent des formules originales et encadrées, donnant rendez-vous aux pratiquants après leur journée de travail sur des séances nocturnes sportives et conviviales, afin de découvrir les techniques, perfectionner son entraînement ou pratiquer entre amis. Enfin, la station de Chamrousse a aménagé un itinéraire accessible à toute heure du jour et de la nuit permettant de travailler sa forme en toute sécurité, même en dehors des heures d’ouverture du domaine skiable.


Cette année, le département de l’Isère engage une réflexion sur la thématique et lance un appel à projet à destination des stations et des territoires isérois afin d’accompagner la structuration de l’activité du ski de randonnée. En partenariat avec la Fédération nationale de la sécurité et des secours sur les domaines skiables (FNSSDS), une réflexion est par ailleurs engagée sur la définition d’un cahier des charges en vue de la normalisation des itinéraires de ski de randonnée aux abords des pistes. Des animations sont également prévues dès cet hiver dans des stations d’expérimentation pour informer les pratiquants sur les risques inhérents à la pratique, les former à l’utilisation des DVA ou proposer des séances gratuites d’initiation au ski de randonnée.

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