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Plan "Avenir Montagnes" : la vision d'un modèle touristique diversifié et durable



Une enveloppe de 650 millions d'euros sera déployée auprès des entreprises, opérateurs et collectivités des massifs français afin de soutenir l’attractivité touristique et économique des zones de montagne. L’épidémie de Covid-19 a rappelé la dépendance au "tout-ski "qui représente 82% des ressources financières de ces territoires de montagne.


La fermeture des remontées, nécessaire au regard de la situation sanitaire, a concerné 18 000 emplois directs et indirects et 120 000 autres emplois liés à l’ouverture du domaine skiable. © Leonid Tit - stock.adobe.com

Avec 350 stations de ski, le tourisme de montagne en France se place au top 3 mondial pour la fréquentation des domaines skiables. Le secteur génère 20 milliards d'euros par an dont 10,5 milliards pour les stations. Le secteur a été durement frappé par les mesures de restrictions mises en place en raison de la situation sanitaire.


Le 27 mai 2021, en Savoie, le Premier Ministre Jean Castex a annoncé le lancement du Plan "Avenir Montagnes", un projet qui propose une offre touristique durable sans pour autant renoncer aux activités liées au ski.


Vers une offre touristique résiliente

Le plan "Avenir Montagnes(nouvelle fenêtre)" est le résultat de concertations dans chacun des massifs : Alpes, Corse, Jura, Massif central, Pyrénées et Vosges. La fermeture des remontées, nécessaire au regard de la situation sanitaire, a concerné 18 000 emplois directs et indirects et 120 000 autres emplois liés à l’ouverture du domaine skiable. Des aides massives, sous forme d'indemnisations, ont été débloquées pour soutenir les territoires concernés : elles s'élèvent à près de 5,4 milliards d'euros.


Décliné en quatorze mesures, le plan "Avenir Montagnes" déploie un ensemble de dispositifs pour accompagner les territoires concernés "vers une offre touristique plus durable, plus résiliente et adaptée à la diversité des territoires de montagnes".


Le plan poursuit trois buts :


  1. franchir une nouvelle étape dans la transformation écologique dans les massifs en valorisant la biodiversité des paysages (végétalisation des sites dégradés, rénovation de 1 000 kilomètres de sentiers de montagne...) ;

  2. diversifier l’offre touristique et rechercher une nouvelle clientèle (relancer les colonies de vacances et les classes de découverte en montagne, jumeler les écoles et les établissements scolaires de la montagne avec ceux du reste du territoire, développer une offre de "slow" tourisme...) ;

  3. dynamiser l'immobilier de loisir et enrayer la formation de "lits froids" (50% des lits touristiques), ces appartements en station inutilisés une grande partie de l’hiver tout en modernisant un parc immobilier vieillissant.

Ce plan a vocation à développer un "tourisme durable" avec des problématiques différentes selon la situation géographique des communes concernées (basse, moyenne ou haute montagne). Toutefois, certains élus craignent qu’il n’entrave leur modèle économique fondé essentiellement sur le ski.


Dans les faits, il s'agirait plutôt :


  • d'accompagner les activités existantes pour qu’elles aient une meilleure empreinte environnementale ;

  • et d'aider les stations à mettre en place des activités rendant la montagne attractive pendant les trois autres saisons.


Relancer l’investissement

Le fonds "Avenir Montagnes" qui doit permettre de répondre à des défis structurels est constitué notamment de 300 millions d’euros cofinancés à parts égales par l’État et les régions pour soutenir les investissements et de 31 millions de l’État destinés à accompagner des territoires en matière d’ingénierie. Ce fonds d'un montant total de 650 millions d'euros devrait générer, grâce à l’effet de levier, environ 1,8 milliard d’investissements pour une soixantaine de territoires répartis sur l'ensemble des massifs.


Parmi les projets concernés, le plan de relance cible la création d’ascenseurs "valléens" particulièrement coûteux et encore rares dans les Alpes françaises afin de relier les fonds de vallée aux stations et de limiter le trafic automobile et ainsi l’impact environnemental du ski alpin.

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