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Modèle de développement raisonné stations : l'exemple de Peyragudes



Bien avant la pandémie et la prise de conscience sur le devenir des territoires de montagne, les acteurs de la Vallée du Louron et de la Vallée du Larboust ont conduit une importante réflexion pour définir un nouveau modèle de développement pour la station de Peyragudes. Début 2019, au terme de 2 ans d’études et de partages, un projet ambitieux de plus de 30 M€ a été dévoilé afin de diversifier les activités touristiques et de proposer une offre 4 saisons été (mai/octobre) et hiver (décembre/avril). Une démarche qui s’inscrit totalement dans les éco-engagements pris par les Domaines Skiables de France.


Peyragudes, un schéma de développement touristique au profit d’un hébergement plus qualifié

Outre des nouveautés sur le domaine skiable de Peyragudes (espaces ludiques d’altitude, nouvelles remontées mécaniques et nouvelles pistes, restaurant panoramique, parcours suspendus…), ce schéma de développement touristique prend en compte la question de l’hébergement, jugé souvent trop peu diversifié par la clientèle. Il y aura donc la possibilité de construire de nouveaux concepts d’hébergement. Ce projet concerne ausis bien le versant Agudes que Peyresourde. Ce nouveau plan d’urbanisation crée ainsi des opportunités d’investissements très intéressantes sur une station en plein devenir. Le plan Avenir Montagne est aussi l’opportunité de travailler à la requalification de l’hébergement existant tant en termes de confort que de performance énergétique.


Anticiper les prévisions d’enneigement pour optimiser les investissements

En septembre 2020, l’étude ClimSnow est venue ajouter un niveau d’expertise supplémentaire sur les prévisions d’enneigement à moyen et long terme. Cette étude a permis une évaluation plus précise et plus pertinente des investissements futurs. Une réflexion motivée par les questions autour du changement climatique et par la Région Occitanie qui a soutenu ces études et développé une politique montagne incitative, renforcée depuis par le Plan Montagne Avenir qui voit le jour en 2021.


Le développement de Peyragudes s’accompagne d’une diminution des émissions de CO2

L’ouverture en fin d’été 2019 de la télécabine Skyvall qui permet de rejoindre la station depuis Loudenvielle, a permis d’engendrer une forte réduction du trafic automobiles sur la route du col de Peyresourde et de diminuer de fait les émissions de CO2 dans la vallée. Deux ans après sa mise en service, 262 000 passages ont été enregistrés malgré le contexte COVID (ouverture autorisée uniquement pour les ascenseurs valléens).


CE SONT AINSI 46 650 VÉHICULES QUI N’ONT PAS CIRCULÉ ENTRE LOUDENVIELLE ET LA STATION REPRÉSENTANT 236 000 TONNES DE CO2 REJETÉES DANS L’AIR EN MOINS.


L’énergie, vecteur d’économie et d’investissement

Dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie tels que prévu par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, EDF s’implique au côté de Peyragudes pour mettre en place des solutions innovantes pour diminuer le besoin énergétique en cours de production. Dans le cadre de cet accord, le rôle actif d’EDF consiste au versement d’une prime qui se décline principalement par le financement de travaux et des investissements réalisés au niveau des installations de neige de culture.


En partenariat avec le SDE 65 (Syndicat Département d’Energie) et la commune de Germ, l’éclairage public sera totalement remplacé par des dispositifs innovants d’ici la fin de l’année. Moyennant un investissement de 160 K€, ils vont permettre de limiter les déplacements des services de maintenance départementaux de l’éclairage public en zone de montagne grâce à un pilotage à distance, de diminuer très sensiblement la consommation électrique au moyen de scénarios d’éclairage différents selon les lieux, les horaires et la saisonnalité, mais aussi de limiter les nuisances lumineuses. Un vrai engagement de la commune qui s’inscrit totalement dans le dispositif de la Réserve Internationale de Ciel Etoilé du Pic du Midi.


Nivoculteurs et dameurs travaillent main dans la main

La préparation des pistes par le damage est un secteur important à Peyragudes. La recherche de la performance dans le domaine des économies d’énergie retient toute l’attention. C’est ainsi que Peyragudes a été la première station des Pyrénées à s’équiper du système Snowsat. Le principe est de gérer encore mieux la ressource en neige en calculant les apports nécessaires par guidage satellite et en optimisant la production de neige de culture en fonction de sa hauteur mesurée chaque soir au centimètre près par les 8 dameuses équipées de GPS. La production de neige par les 270 enneigeurs est ainsi mieux ciblée et optimisée, le travail du dameur permettant de répartir au mieux la neige disponible.


Une dameuse hybride pour réduire les émissions de CO2

En janvier 2018, Peyragudes a été la première station des Pyrénées à s’équiper d’une dameuse hybride : le PistenBully 600 E+ diésel-électrique de la marque Kassbohrer. Cette machine permet de réduire la consommation et donc directement les émissions de CO2 dans l’atmosphère. Le système récupère de l’énergie lors de la descente, générant de l’électricité afin d’alimenter les moteurs électriques d’avancement et de rotation de la fraise. Cette technologie permet de réduire de 20 % la consommation de carburant.


Des enneigeurs de dernière génération

Dans le cadre du développement de la station de Peyragudes, des investissements continus chaque année assurent désormais la présence de 55 enneigeurs de dernière génération. Répartis sur le domaine, ces enneigeurs produisent avec moins d’énergie, sur une période de froid donnée, une quantité de neige plus importante qu’auparavant. En outre, la production de neige démarre par des températures moins froides, proches de 0°. Avec ce dispositif, le vacancier est assuré de skier sur plus de la moitié du domaine quelles que soient les conditions (30 pistes sur 51 couvertes en neige de culture grâce à 270 enneigeurs).


Des barrières à neige pour piéger et conserver la neige

Outre les enneigeurs et la neige naturelle, 500 mètres de barrières à neige ont été construites sur le domaine skiable. Judicieusement placés en travers du vent dominant, ces tronçons de 25 ou 50 mètres permettent de piéger les particules de glace qui s’accumulent sous le vent des ouvrages. Les bourrelets ainsi générés représentent plusieurs tonnes de neige que les dameurs étalent ensuite sur les pistes. Ces barrières à neige sont des structures inertes construites en bois et qui s’intègrent dans le paysage. Elles permettent de lutter efficacement contre l’érosion du manteau neigeux par grand vent générant d’importantes économies de production en neige de culture.


Quand les carpes viennent au secours des retenues collinaires

La maîtrise de la neige de culture est aussi une recherche permanente d’un écosystème équilibré. Elle emprunte l’eau naturelle par pompage en fond de vallée à Ourcibat via une convention avec EDF. L’eau est acheminée depuis 2011 par une conduite installée sur 1 300 mètres de dénivelé. Elle permet d’alimenter très rapidement les 90 m3 des 2 retenues collinaires de Peyragudes. Ce projet de développement a indéniablement contribué à faire de la station de Peyragudes ce qu’elle est devenue, en offrant une véritable “garantie neige” chaque saison d’hiver.


Mais c’était sans compter sur l’augmentation des températures, la stagnation de l’eau une partie de l’année, l’ensoleillement et l’augmentation des nutriments… Ces derniers permettent cà certains végétaux de proliférer plus rapidement dans les retenues collinaires. L’installation de Peyragudes a en effet été touchée par le développement d’algues filamenteuses en fin d’été et à l’automne. Cela génère chaque saison en période de production (novembre à février) un travail important de nettoyage du réseau des enneigeurs. Afin de limiter ces désagréments, des systèmes ont déjà été mis en place tels que des brasseurs (AQUAGO) et des appareils ultrasons aquatiques (TASO). En outre, régulièrement à l’automne, des plongeurs devaient intervenir pour effectuer le nettoyage du liner par aspiration de la vase du fond. Il était même envisagé d’investir dans d’importants filtres industriels utilisés dans le monde agricole.


En 2020 la station a fait le choix d’introduire dans ses bassins une espèce de poisson très particulière, la carpe amour (Ctenopharyngodon idella, communément appelé carpe roseau, carpe herbivore, carpe amour ou Amour blanc). Cette carpe habite plutôt les eaux calmes, préférant les grands plans d’eau à écoulement lent ou stagnant, riches en végétation. L’espèce a largement été utilisée dans le monde pour lutter contre les pullulations de végétaux, se nourrissant majoritairement de plantes aquatiques mais aussi d’insectes et autres invertébrés. Chaque jour, selon l’âge, une carpe peut absorber l’équivalent de son propre poids et plus. Au bout d’un an, ces jeunes carpes ont pris plus de 25 cm et apportent des résultats très significatifs, 100% naturels.

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