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Les stations ouvertes en France à Noël sans remontées, l'Espagne, l'Autriche et la Suisse vont skier



L'Allemagne, en lien avec la France et l'Italie, demande une fermeture des remontées mécaniques dans toute l'Europe jusqu'au 10 janvier. L'Autriche, la Suisse et l'Espagne refusent de sacrifier les vacances de Noël, très importantes pour leur industrie touristique.


Les Français ne sont pas les seuls qui risquent d'être privés de ski à Noël. Partout en Europe, le débat monte et alimente les tensions, aussi bien au sein des Etats membres qu'entre eux.


Autres pays prisés pour leurs domaines skiables, l'Italie et l'Allemagne se dirigeaient eux aussi ces derniers jours vers une fermeture des stations, ou à tout le moins des remontées mécaniques, comme l'a précisé pour la France, jeudi matin, le Premier ministre Jean Castex . « Affronter les fêtes à la neige sans restriction serait irresponsable », a expliqué aux Italiens Giuseppe Conte. Le gouvernement transalpin a été marqué par les photos polémiques d'une foule aux caisses de la station de Cervinia le week-end du 28 octobre.


En Allemagne, la Bavière, aux montagnes très prisée à Noël, penche aussi pour la prudence maximale. « Nous ne pouvons tout simplement pas passer des vacances classiques », a déclaré mardi Markus Söder, son dirigeant conservateur.


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L'Autriche et la Suisse veulent ouvrir

A l'opposé, l'Autriche, où le ski est quasiment une religion d'Etat et où la concurrence fait rage avec les stations allemandes, se dit décidée à ouvrir. Droit dans ses après-ski : « Si quelqu'un va courir seul, c'est tout aussi dangereux que si quelqu'un va faire une randonnée à ski seul », a expliqué le chancelier Sebastian Kurtz.


Fin février, la station prestigieuse de Ischgl, dans le Tyrol, avait pourtant été pointée du doigt par plusieurs Etats quand de nombreux touristes s'y étaient infectés, contribuant à accélérer la propagation du virus en Europe. Autre grande nation de skieurs, la Suisse (elle n'appartient pas à l'UE mais collabore avec elle sur les questions sanitaires) se dit aussi décidée à tenir la saison. « La fermeture n'est pas une option. On mangera et skiera dans les stations à Noël », qui seront même ouvertes aux touristes étrangers, assure Christophe Darbellay, président du Conseil d'Etat valaisan.


Pyrénées espagnoles

Les stations de ski du versant espagnol des Pyrénées et d'Andorre sont elles aussi prêtes à ouvrir. Aucune directive n'a été lancée par le gouvernement espagnol, qui laisse les régions gérer la crise sanitaire et établir au cas par cas les restrictions de mouvement et d'activité. Pour l'instant, c'est plus l'absence de neige que la pandémie qui préoccupe mais les stations comptent commencer à fonctionner dès que seront levées les restrictions de mobilité. Le gestionnaire public de plusieurs stations catalanes, FGC rappelle que que les installations sont considérées comme des espaces ouverts, échappant ainsi aux restrictions appliqués aux établissements sportifs, et que les stations sont des lieux à l'air libre, « similaires à ceux où on va courir ou faire du vélo ».


Concurrence déloyale

Paris, Berlin et Rome, qui tentent depuis la semaine dernière d'impulser une coordination européenne, n'apprécient guère ces cavaliers seuls, considérés comme une forme de concurrence déloyale. « Prudence et concertation », prône Paris.


L'Allemagne, comme d'ailleurs la Belgique, invite ses ressortissants à éviter les déplacements non essentiels durant les fêtes, « y compris à l'étranger en vue de la saison de ski ». Elle leur rappelle qu'une quarantaine de dix jours reste prévue au retour d'Autriche. Mercredi, Angela Merkel et les représentants des Landers ont annoncé réclamer la fermeture de toutes les stations de ski de l'Union européenne jusqu'au 10 janvier.


Une telle coordination aiderait la France, l'Allemagne et l'Italie, toutes trois confrontées à la colère de leurs stations , à faire passer la pilule. La démarche a le soutien implicite de la Commission européenne. Mercredi, Ursula von der Leyen, sa présidente, a appelé les Etats à ne globalement « pas assouplir trop vite » leurs règles anti-Covid pour éviter « une troisième vague » après Noël.


Bruxelles ne peut rien imposer

Reste que l'Europe n'a aucun pouvoir en la matière. Fermer ou non les stations « demeure une décision de compétences purement nationales », a rappelé jeudi la Commission. Elle se garde à ce titre de recommander à haute voix une fermeture mais réitère ses appels à « la prudence et à la coordination ». On ne peut contraindre, il faudra convaincre. « Je vais être honnête avec vous, ce ne sera probablement pas facile », a reconnu Angela Merkel mercredi.


Le ministre des Finances de l'Autriche a fait valoir que son industrie touristique perdrait 2,4 milliards d'euros de recettes en fermant durant les congés de Noël et qu'il attendrait alors de l'UE qu'elle « compense les pertes. » Mais c'est là aussi lui demander plus qu'elle ne peut : c'est à chaque Etat membre, en piochant si besoin dans les fonds européens de lutte contre la crise du Covid, de bâtir un éventuel plan de soutien à la filière.


La France suit le dossier de près mais elle exclut à ce stade d'empêcher ses ressortissants d'aller chercher la neige hors de ses frontières, un débat qui monte aussi en Italie face à la concurrence des stations suisses. « Cela ne paraît ni possible ni souhaitable. Mais il faut tenter de se coordonner le plus possible », indique une source diplomatique. Les discussions entre Etats devraient s'intensifier ces prochains jours.

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