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Les moniteurs de ski veillent pour éviter les accidents



Deux accidents mortels ont eu lieu sur les pistes de ski depuis le début de l’année. L’acteur Gaspard Ulliel est mort en Savoie suite à une collision avec un autre skieur, quelques jours plus tôt c’est une enfant de cinq ans qui a été mortellement percutée en Haute-Savoie. Des décès qui relancent la question de la sécurité sur les pistes.


L’enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances de l’accident qui a entraîné le décès le 19 janvier 2022 de l’acteur Gaspard Ulliel, 37 ans. Concernant la fillette de 5 ans morte en Haute-Savoie, la vitesse excessive du skieur est à l'origine du drame selon le parquet de Bonneville. Le skieur, un homme de 40 ans a été mis en examen pour homicide involontaire.


Ces deux collisions mortelles en ce mois de janvier, relancent le débat sur la sécurité sur les pistes de ski. Pour la saison 2019-2020, les collisions ont représenté 10 % des accidents selon l’association Médecin de Montagne, qui ne précise pas le taux de collision contre un obstacle fixe ou entre deux skieurs.


"Deux morts en moins d'une semaine, c'est très dur", a réagi Laurent Reynaud, le délégué général de Domaines Skiables de France (DSF), qui rappelle que l'accidentologie moyenne sur les pistes de ski est chaque année "inférieure à dix morts" pour 10 millions de pratiquants.


En 30 ans de carrière, John Bailly-Bazin directeur de l’école de ski français des Rousses dans le Jura, se souvient d’une seule collision marquante. Deux personnes qui se sont percutées de front, c’était à Meribel. Les petites collisions, il en voit aussi. "Ça a toujours existé, mais il y en a peut-être plus qu’avant. Les pistes sont mieux préparées. Le progrès des machines permet des beaux tapis bien lisses. C’est plus "grisant" qu’il y a une trentaine d’années."


Savoir freiner

Le système national d’Observation de la Sécurité en Montagne évoque dans un récent rapport les causes des collisions.


Il s’agit en général d’une perte de contrôle du skieur qui concerne autant la trajectoire que la vitesse. Pour les moniteurs, le contrôle de la vitesse est une des bases de l’apprentissage du ski. "C’est notre préoccupation première", indique John Bailly-Bazin. "Notre enseignement est basé sur le freinage". Bien connaître son niveau, c’est aussi un élément essentiel pour éviter les accidents. "La première chose, c’est d’être humble par rapport à son niveau. Quand on est débutant on va rester plutôt sur le bas de la station, sur des pistes plates. Il faut toujours avoir le souci de la maîtrise de son engin", recommande le moniteur.


Manque de civisme

Tous les skieurs, quel que soit leur niveau sont concernés par le contrôle de la vitesse. "On peut regretter le manque de civisme de certains. Des gens qui vont s’autoriser à prendre de la vitesse sur des endroits inappropriés. Il faut faire preuve de plus de civisme et être capable de se raisonner. Si on veut faire de la vitesse, il y a des jours où la station est quasi vide", insiste le moniteur.


Les collisions sont plus fréquentes sur piste bleue indique l’observatoire de la sécurité en montagne qui évoque d’ailleurs la différence entre les skieurs sur leur manière d’aborder une descente. "Il semble que les pistes « faciles » soient propices aux différences de vitesse et de trajectoires, par exemple entre un skieur qui opte pour une trace « rectiligne » dans la ligne de pente d’une part et un skieur plus « timoré » qui choisit des virages et des traversées d’autre part", précise le rapport.


Bonne conduite

"Pour les gens qui veulent faire de la vitesse, je les incite à venir nous voir. Nous les moniteurs, on sait faire, organiser ça sur des espaces sécurisés, il faut venir sur un stade de slaloms", indique John Bailly-Bazin qui appelle aussi les usagers à "skier de manière raisonnée" particulièrement "les week-end lorsqu’il y a beaucoup de monde."


Savoir freiner, maîtriser sa vitesse et sa trajectoire, tels sont éléments clés pour une meilleure pratique du ski. "En voile, sur l’eau deux bateaux qui s’opposent, doivent mettre tout en œuvre pour s’éviter, ça marche bien sur l’eau, en montagne, la personne qui est en haut doit tout mettre en œuvre pour éviter celle du dessous", conclut le moniteur de ski.


Le casque chez 73% des skieurs

Si le port du casque obligatoire pour le vélo est actuellement discuté au Sénat, pour le ski, le casque est facultatif. Chez les enfants, le port du casque sur les pistes est quasi généralisé, prêt de 97% en porte. Chez les adultes, près de 73% des skieurs français portent cet équipement de sécurité, tout âge confondu. "On en voit davantage sur les pistes. Ils sont de plus en plus confortables les gens hésitent moins à acheter ou louer un casque", confirme John Bailly-Bazin.

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