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La saison de ski sera probablement exceptionnelle cette année : l'exemple de Pra-Loup



Pour les stations de ski c'est plus de la moitié du chiffre d'affaire annuel qui se joue sur quatre semaines seulement en février. Après quinze jours de vacances scolaires en PACA et des chutes de neige entre les deux semaines, le soleil est au rendez-vous dans les Alpes de Haute-Provence.


Le décor est digne d'une carte postale prêt à accueillir les parisiens et les corses qui débutent leurs séjours.


La dernière chute de neige à Pra-Loup datait du 25 décembre dernier, une éternité pour les professionnels de la montagne.


Le retour des flocons cette semaine redonne le sourire.


Ils redoutaient cette nouvelle saison avec le Covid, même si cette année les remontées sont ouvertes contrairement à l'année précédente où elles étaient fermées.


Sur la première semaine des congés scolaires de février pour la zone Paca, les vacanciers ont dû faire avec la neige présente datant de décembre et de la neige de culture.


Les plus chanceux ce sont ceux de la deuxième semaine, la neige est tombée ce lundi en quantité, entre 30 à 40 cm de poudreuse.


"Le 1er jour où on est arrivé, il a beaucoup neigé, donc on a bien profité, la semaine était très sympa, on aurait aimé que cela dure un plus longtemps, mais il faut rentrer", explique nostalgique cette vacancière.


"Moi je me suis régalé, regardez cela, c'est magique", détaille cette autre vacancière en montrant le ciel, le soleil et la neige à perte de vue.


Une perfection qui redonne aussi le sourire aux professionnels de la montagne.


Car le résultat est au-delà des espérances pour la station de Pra-Loup dans les Alpes de Haute-Provence.


Covid et manque de neige

Dans un contexte délicat à gérer, la station pourtant n'enregistre que 3% de baisse sur la vente des forfaits de ski en comparaison de la même période hors Covid des années précédentes.


"Les clients sont là, ils ont un fort engouement sans ski depuis deux ans. On est bien placés par rapport à notre saison de référence d'il y a deux ans", explique Cédric Rossi, le directeur de la Régie de Pra-Loup


Ce qui est encourageant, car "le contexte au début de la saison n'était pas favorable, il y a eu pas mal d'annulations, avec le Covid à gérer aussi bien pour les clients que pour les salariés, peu de neige".


Selon lui, " les montagnards sont résilients, sont des gens combattifs, et on s'est fixé des objectifs et pour le moment on les tient".


Sur les deux semaines qui viennent de s'écouler, ce sont près de 7 à 8000 personnes par jour qui ont fréquenté le domaine skiable.


Avec les nouveaux arrivants, essentiellement des parisiens et des belges pour les semaines à venir ce sera environ 5 à 6000 personnes sur les pistes de la station.


12% de hausse de la clientèle dans les restaurants

Les résultats différent selon les secteurs d'activité. Si les restaurants enregistrent une hausse de 12%, les loueurs de ski observent une évolution des pratiques.


" Les gens louent plutôt en fractionné, sur des petits séjours, type deux jours", explique Franck Bruno, gérant d'un magasin de sport sur le front de neige.


Il précise d'ailleurs que les personnes font attention à leur budget et la location à la demi-journée a le vent en poupe, "on s'est adapté aux forfaits aussi, on a beau être à 2h30 de Marseille et 3h de Saint-Tropez, le coût de l'essence pèse sur le budget des familles".


Avec le Covid, la clientèle a découvert ou redécouvert le ski de randonnée et les raquettes, "mais avec les remontées l'activité principale reste le ski alpin ou le snowboard".


"Ce sont principalement des courts séjours, avec de la clientèle week-end, ils arrivent le vendredi soir, ils louent les ski, en profitent le samedi et les rendent le dimanche", détaille ce loueur de matériel.


Et pour ce qui est des longs séjours aussi, la pratique a changé.


Une réflexion sur la nouvelle façon de "consommer la montagne, plus loisir que sportive".


"Par exemple les mères de familles vont skier une journée, et rester dans la station à regarder les enfants en cours, plutôt que skier véritablement, c'est le "ski-bar", comme on dit", plaisante ce loueur.


Mais la réalité financière est là, "les parents se serrent la ceinture, pour que leurs enfants puissent profiter du ski, comme eux ont pu le faire lorsqu'ils étaient enfants. Je pense que si les gens avaient un peu plus de pouvoir d'achat, ils profiteraient plus", analyse Franck Bruno.


Des clients qui recherchent avant tout le grand air.


Dans certains hôtels le taux d'occupation frôle les 100%.


"Ils ont besoin d'espace, de lumière, de soleil, et de sport aussi. On sent que c'est un vrai besoin", remarque Véronique Vandevenne, Responsable clientèle "Le Cocon des Neiges".


En ce week-end de chassé-croisé, les conditions sont donc réunies pour attirer la clientèle encore en congés ces deux prochaines semaines et faire le plein pour la saison.

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