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Covid-19: premier jour des vacances d'hiver, sur le fil du rasoir



Les vacances d'hiver ont démarré samedi pour une partie des écoliers français, dans un climat morose pour le tourisme et un contexte épidémique extrêmement fragile, l'agence sanitaire jugeant que de nouvelles mesures restrictives seront nécessaires dans un avenir proche.


Les vacanciers de Lyon, Bordeaux ou encore Grenoble (zone A), qui ont ouvert le bal de cette période des congés étalés jusqu'au 8 mars, peuvent se déplacer librement entre régions, le gouvernement ayant choisi de ne pas les limiter à l'intérieur du pays.


À Grenoble, le hall de la gare sonnait étrangement creux samedi matin. "D'habitude, le premier samedi des vacances, ça grouille de monde", raconte un agent de la SNCF, bras croisés. Derrière lui, un flot clairsemé de vacanciers descendent d'un TGV tout juste arrivé de Paris, comme Mélanie, Mélina et Lola, qui filent vers les Deux Alpes pour "profiter des stations de ski pendant qu'elles sont encore ouvertes".


Ceux qui partent sont appelés à la plus grande prudence, comme ils l'avaient déjà été pendant les fêtes de fin d'année. "L'heure n'est pas au relâchement de nos efforts", a prévenu jeudi le Premier ministre Jean Castex.


Sans remontées mécaniques dans les stations de ski, avec un couvre-feu maintenu à 18H00, les rideaux des bars et restaurants toujours baissés et les lieux culturels fermés, ces vacances s'annoncent en sous-régime pour le tourisme.


Vacanciers indécis

A Azet, dans les Hautes-Pyrénées, près de la frontière espagnole, le gîte de Sylvie Guinet, d'habitude complet en cette période de vacances, n'a qu'une chambre sur cinq de réservée.


"C'est vraiment pas évident. Si je fais 20% de mon chiffre d'affaires de la saison dernière ce sera déjà bien", confie-t-elle à l'AFP. "Les gens réservent puis annulent au dernier moment, notamment avec toutes les incertitudes liées à l'annonce ou pas d'un confinement", souffle-t-elle, tout en comprenant les vacanciers indécis "pour qui ce n'est pas évident de rester enfermés dans leur chambre à partir de 18H00".


Le moral semble un peu meilleur à Cauterets, petite station-village des Pyrénées, qui attire les vacanciers de Bordeaux, mais aussi de Charente, Vendée ou Bretagne.


Ski de fond, raquette, ski de randonnée...: le domaine permet aux familles de profiter de la neige en se passant des remonte-pentes, relève Vincent Doutres, le directeur de l'office de tourisme de Cauterets. Mais "il ne faut pas se leurrer, on est en sous-activité", souligne-t-il.


Si le gouvernement a de nouveau écarté à ce stade de confiner le pays, sauf à Mayotte, la menace de mesures plus restrictives persiste, au regard du contexte sanitaire extrêmement tendu.


Crainte d'une aggravation

La circulation du coronavirus s'est stabilisée "à un niveau très élevé", a relevé vendredi Santé publique France (SpF) dans son bulletin hebdomadaire.


Cette situation "ne permet pas d'écarter l'hypothèse d'une aggravation de la situation épidémiologique dans les prochaines semaines, liée à la poursuite de la circulation (des) variants" plus contagieux du coronavirus, note l'agence sanitaire.


Dans ce cas, des mesures "plus strictes" deviendront "nécessaires", a expliqué Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires de SpF vendredi.


La part des cas suspectés d'être des variants (anglais, sud-africain ou brésilien) du virus SARS-CoV2 s'élevait à 14% de tous les cas détectés en France au 27 janvier, avec un taux proche de 20% en Ile-de-France, selon des résultats préliminaires publiés jeudi. Au 7-8 janvier, la proportion du variant britannique avait été mesurée à 3,3% des cas positifs.


La pénétration en France est "beaucoup plus lente" que dans d'autres pays, "probablement par la combinaison d'un certain nombre de mesures qui ont été prises et de freins", a analysé le virologue Bruno Lina, chargé de cette cartographie.


Un troisième vaccin

Après avoir augmenté tout au long du mois de janvier, le nombre de malades hospitalisés avec un diagnostic Covid s'est stabilisé cette semaine juste sous les 28.000 personnes. Parmi elles, 3.235 malades étaient soignés en service de réanimation, soit environ 60% des capacités d'avant la crise sanitaire.


La pression hospitalière reste donc forte, au point que "nombre de nos hôpitaux" doivent encore "décaler des soins moins urgents pour libérer des lits", a souligné Jean Castex.


La maladie a tué 78.603 personnes depuis le début de l'épidémie.


La campagne de vaccination se poursuit, sur fond d'approvisionnements toujours limités et de contraintes logistiques. Dès ce week-end, des doses du troisième vaccin disponible dans l'Union européenne, celui d'AstraZeneca, vont être injectées - le décret est paru au Journal officiel samedi. Il sera administré en priorité à des soignants de moins de 65 ans.


Concernant le respect du couvre-feu, une importante opération de contrôles a eu lieu vendredi soir en Ile-de-France, donnant lieu à 339 verbalisations pour défaut d'attestation ou non-port du masque, a indiqué la préfecture de police de Paris.


Depuis l'instauration, le 15 décembre, d'un couvre-feu national d'abord à 20H00, 188.402 procès-verbaux ont été établis en France, selon le ministère de l'Intérieur.

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