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  • Arcs 1800

Conte de ski : L'ours freerider


On raconte qu’il existe, au fin fond de la Tarentaise, un petite maison en bois habitée par un ours bourru. Dernier habitant de ce village perdu et déserté.


On dit aussi, que lorsqu’il a emménagé dans ce petit chalet, il aurait étrangement mis toutes les chaises dans le poêle à bois, et qu’il aurait transformé sa cave en une patinoire.


On apercevait rarement cet ours. Il parait qu’il passe ses journées, dans sa tanière, à observer les montagnes qui l’entourent, à lire des topos et à analyser les conditions. Jusqu’au jour où.... la ligne de ses rêves est enfin prête! Une ligne aussi raide qu’esthétique d’une cotation donnée par le topos Volopress de 5.3 E3. Il est rare de la voir autant remplie de neige!


Ni une ni deux, il file préparer son sac. Arva, pelle, sonde, un coupe vent, 1,5 litre d’eau, et quelques barres énergétiques maisons. Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, il est prêt à partir à l’assaut de cette superbe montagne. Pour cette journée exceptionnelle, il s’est équipé de sa doudoune fétiche rafistolée au scotch chatterton et de son pantalon goretex qui lui a coûté une patte et qu’il n’aura mis que deux saisons pour déchirer l’entrejambe. Pour les skis, il a évidement pris sa plus belle paire... 194 cm de haut, 116 au patin, 25 mètres de rayon. Des skis freeride redoutables!


Il chausse ses skis devant la porte et partit vers l’ouest. Comme indiqué dans le topo, il emprunte un chemin en forêt, et traverse plusieurs coulées d’avalanches, puis il arrive dans une combe. La pente se raidit. Il essaie de conserver un bon rythme mais avec ses fats aux pieds il se fait rapidement doubler par des collants pipettes qui font leur séance cardio matinale.


Arrivé au col, il bascule sur l’autre versant et poursuit son chemin en solitaire jusqu’à un replat. C’est à cet endroit qu’il rencontre René et en profite pour faire une pause. René le randonneur était entrain de casse-croûter tranquillement sur un rocher. Il salue l’ours et lui raconte ses exploits de jeunesse. Il lui offre un p’tit coup de gnôle pour l’encourager pour la suite de son ascension.


L’ours repart, déterminé. Après quelques conversions, enfin, le couloir se dresse devant lui. C’est tout excité qu’il s’empresse de mettre ses crampons aux pieds, d’enlever ses peaux et d’attacher ses skis sur son sac à dos. Piolet à la main il attaque l’ascension finale, dré dans le pentu.


La monté est ardue. Il châle avec la neige fraîchement tombée de la veille. Tout d’un coup, il est surpris par un bruit venu de plus bas. Il se retourne et aperçoit deux randonneurs qui se dirigent vers lui au pas de course, glissant aisément dans la trace qu’il avait faite. Cela le mis hors de lui. Non, il ne laissera pas sa première trace! Il faut qu’il arrive au sommet au plus vite. Il redoubla d’effort jusqu’au bout.


C’est avec les cuisses cramées, les mollets tous durs et un poumon en moins qu’il atteint le sommet. Ca y est il est en haut! Tout ému et fier de lui, il prend quelques instants pour admirer le merveilleux spectacle du levé de soleil sur les plus hauts sommets du coin. MAGIQUE!


Mais pas le temps de niaiser, la pente va se réchauffer. Il n’y a pas beaucoup de place en haut, et c’est avec un travail d’équilibriste qu’il fixe ses skis. Concentré face à la pente de 50 degrés, il analyse sa descente avant de se lancer.


Hé hop, il jette ses spatules droit dans la pente. La neige est démente! Il enchaîne les grandes courbes et joue avec son sluff. C’est le run de sa vie! De loin, René l’observe et l’encourage. Tout ému, lui aussi, d’assister à ce spectacle qui lui remémore la fougue de sa jeunesse.


Il arrive en bas du couloir tout euphorique, les quadri en feu, le cœur rempli d’adrénaline. On raconte que ses cris de joies ont résonnés plusieurs jours dans la montagne et qu’on a pu les entendre jusqu’à la vallée.


Après cette journée incroyable, l’ours bourru rentra tranquillement chez lui, les jambes lourdes et l’estomac vide. Reclus dans sa maisonnette, on ne l’aperçu plus pendant plusieurs semaines. Sa trace, elle resta visible jusqu’à la pété de neige suivante...

Texte : anilem73

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