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À quoi ressemblera le Club Med du futur ?



Henri Giscard d’Estaing nous donne un aperçu : Depuis 1997, l’homme d’affaires à la tête du Club Med a su faire de son entreprise un acteur incontournable du tourisme mondial. Après trois saisons de crise sanitaire, il se montre néanmoins plus que confiant sur l’avenir de ses clubs !


De passage à Bruxelles, le CEO du Club Med est un homme affable et curieux… Il a été l’artisan du renouveau de groupe, celui qui a fait passer le Club Med dans la modernité et revisité le concept sans avoir concédé à l’esprit de son créateur : fini les cases, les Clubs offrent des villas, des expériences plus exclusives, des chefs étoilés derrière les buffets…


Une transition vers plus de luxe

Mais comment se présente la saison 2021 ? « Même si la situation reste mouvante, nous sommes prêts à ouvrir tous nos clubs en Europe et dans les Caraïbes, l’Asie attendra encore un peu … Cela nous a amené à revoir notre offre et cela a accéléré certains concepts auxquels je croyais déjà comme la montagne en été, qui devient une destination de plus en plus privilégiée. C’est un autre type de vacances, mais qui devient porteur pour nous: parce que c’est l’espace, c’est la nature et nous avons apporté à nos infrastructures les modifications pour en faire des hébergements de vacances superbes, été comme hiver… Suite à la crise sanitaire, vous vous en doutez, Les modifications apportées à nos clubs ont été énormes. Il y a les infrastructures en soi, mais aussi toutes les procédures de fonctionnement au niveau des équipes.»


Où en est la transition du Club Med dont on parle depuis quelques années ? « Les clubs Med aujourd’hui sont à 90% des clubs exclusifs: à savoir des dénominations 4 tridents ou ‘exclusive collection’, alors que nous n’avions qu’un quart de nos clubs dans cette catégorie quand nous avons commencé le processus en 2004. Donc oui, le Club a changé de visage. Une transition qui repose sur deux idées : la première était de donner un niveau de confort à nos clients qui soit dans les meilleurs standards mondiaux : la chambre, la qualité de la table, les spas avec les plus grandes marques… La seconde était de conserver malgré tout un esprit différent d’un hôtel, c’est-à-dire en gros que nous ne voulons pas d’un endroit où l’on s’ennuie. Le dénominateur commun entre le Club Med des années 60 et celui de 2021, ce sont les G.O. C’est notre marque de fabrique et les porteurs de cet état d’esprit qui nous est cher. Les G .O sont des animateurs, mais de plus en plus, ce sont aussi des experts : comme nos professeurs de yoga ou certains formateurs sportifs. Mais avant tout, ils portent cet esprit différent et ce sont leurs activités qui créent cette expérience particulière qui est celle que vous vivez dans un club. Autre chose qui n’a pas changé : la formule en all Inclusive qui est la base de notre offre, même si elle est aujourd’hui associée à une offre à la carte, bien plus large et qui ouvre davantage de possibilités : des découvertes à partir du village, des visites ou des expériences que l’on veut évidemment plus exclusives. On a tout tiré vers le haut, modernisé, élargi… Donc oui, objectivement, notre clientèle a changé depuis les clubs de case. Nous sommes aujourd’hui bien davantage orientés vers les familles et nous avons travaillé notre concept pour l’adapter et remplir les clubs sur des périodes bien plus larges. »


Chefs étoilés et circuits courts

Un upgrade important, que l’on pourrait parfois percevoir comme une distanciation par rapport à votre concept de base… « Pourtant l’esprit est intact ! Au niveau de la table par exemple, nous avons collaboré avec des chefs et créé des menus bien plus haut de gamme. Certes c’est bien loin des grands buffets des premières années, mais quand on y regarde de plus près, la table a toujours été très importante pour les vacanciers! Mais il faut remettre les choses dans leur contexte : quand le club a été créé, nous étions en pleine période de l’après-guerre, après des années de privation : la quantité, l’abondance, la générosité étaient alors perçues comme du luxe. Aujourd’hui, nous n’avons plus cette peur de manquer : la clientèle a toujours besoin de sentir que la table est soignée mais cela se manifeste tout à fait différemment, et nous avons voulu nous adapter… Nous avons donc opéré une transition vers davantage de service à l’assiette plutôt que le buffet, une transition qui a été accélérée par la crise Covid évidemment, mais c’est ici une belle amélioration de la prestation. Aujourd’hui, il y a moyen de manger vegan, d’adapter les menus pour les intolérances, tout est pensé pour être plus sain et aussi nous travaillons davantage et de plus en plus avec les producteurs locaux. A Cap Skiring au Sénégal, par exemple, où nous travaillons avec une ONG locale, Agrisud, qui nous a permis de recréer un circuit court : le club est installé dans une région où il existait une tradition de petits jardins potagers, gérés par les femmes, mais qui tendait à disparaître, faute d’accompagnement et de débouchés… En collaboration avec Agrisud, nous avons pu remettre 200 de ces femmes au travail et leur permettre de vendre leurs produits avec un bilan carbone optimal. Mais nous sommes gagnants également car nous disposons sur place de fruits d’une qualité exceptionnelle… »


Le secteur du tourisme est comme tous les secteurs en transition vers davantage d’écoresponsabilité. Est-ce une nouvelle contrainte ou un challenge pour un groupe de cette taille ? « Pour nous, c’est une chose assez naturelle, en fait. Quand on retourne à nos origines, au fondateur du Club Med, Gerard Blitz, un anversois qui était aussi visionnaire. Cet ancien champion de waterpolo, après la guerre a voulu redonner du bonheur aux gens et il était convaincu de donner du bonheur par la nature et le sport, dans une Europe dévastée c’était particulièrement audacieux. Mais du coup la notion de respect de la nature est incluse dans notre concept, elle en est l’essence même. Donc nous adaptons nos infrastructures pour les rendre passives, nous mettons en place des programmes d’optimisation de la consommation d’eau et de la gestion de l’élimination du plastique…


Les vacances du futur ?

Alors, plus luxueux, plus vert et plus flexible, est-ce là le futur des vacances ? « Si on se projette dans notre société actuelle: ce concept de bonheur par la nature et le sport sont plus forts que jamais ! Si on y a joute la libération intérieure, et la liberté au sens large, dont nous avons compris l’importance ces derniers mois, alors on se retrouve au cœur de notre démarche. Nous avons, nous aussi, été privés de liberté et ces valeurs nous sont centrales. La formule all-in incarne aussi ce côté esprit libre : vous ne devez pas vous encombrer de votre portefeuille ou de ce que votre repas va vous coûter et ce genre de détail participe à la sensation de liberté que vous attendez de vos vacances. Et même si nous assumons notre montée en gamme, notre rapport qualité/prix est quelques chose dont nous n’avons pas à rougir.


Une semaine à la montagne au Club Med, cela peut paraître cher, et la somme est certes conséquente, mais je vous invite à faire le test en additionnant le prix d’une belle chambre d’hôtel, les remontées mécaniques, les cours de ski, un resto de qualité midi et soir, les suppléments pour deux heures de VTT, un vin chaud sur les pistes ou pour la piscine communale avec vos 3 enfants… »

« Il y a une autre tendance qui se démarque de plus en plus ces dernières années, et qui a aussi été accélérée par la crise sanitaire, c’est que nos vies et nos plannings vont vers une plus grande perméabilité entre le temps de travail, le temps de loisir et le temps de vacances. A savoir que l’on peut davantage répartir ces moments au gré des besoins de la famille. On a vu des clients passer juillet au Club Med, avec les enfants pris en charge au Mini Club et les parents installés pour télétravailler plusieurs heures par jour, nous avons donc aussi tiré vers le haut la qualité du wifi, l’ergonomie des bureaux dans les chambres et les espaces de réunion ou de télétravail dans les clubs. C’est un vrai progrès et c’est une nouvelle manière de vivre le travail, et les vacances... »

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